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Les expressions liées à la numismatique

Riche comme crésus : Etre Très Riche

 Au VIe siècle avant JC, le riche Crésus régnait sur la Lydie. Il tenait ses richesses du Pactole, la rivière qui cachait multitude de paillettes d ’or. Il voulut un jour montrer au philosophe Solon qu’il était le plus heureux grâce à ses richesses. Ce à quoi celui-ci répondit qu’un homme ne pouvait dire s’il avait été heureux qu’au moment de mourir. Peu de temps après cet épisode, de nombreux malheurs s’abattirent sur Crésus. On dit aujourd’hui d’une personne très riche qu’elle est "riche comme Crésus".

 

Pactole : Source de Richesse

Dans la mythologie grecque, le Pactole était un fleuve où l’on trouvait beaucoup de paillettes d’or. Dionysos promit au roi Midas d’exaucer le vœu de son choix. Le roi lui demanda le pouvoir de transformer tout ce qu’il toucherait en or. Mais cela fit vite son malheur car il ne pouvait plus ni manger ni boire puisque tout ce qu’il touchait se transformait en métal précieux. Il demanda alors à Dionysos d’annuler ce vœu. Pour cela, il dû se laver les mains dans le Pactole, et fut alors l’origine de ces nombreuses pépites d’or que l’on trouvait dans le fleuve. C’est en référence à cet épisode de la mythologie que l’on parle de "pactole" pour désigner une grande richesse.

 

Monnaie de pape :

Lunaire, arbre aux écus, son nom provient de la forme circulaire et translucide des fruits, qu'on peut comparer à des pièces de monnaie

 

Monnaie de singe : Payer en grimaces ou en fausse monnaie, au lieu de payer réellement

Au XIIIe siècle, Saint-Louis décida qu'il faudrait payer une taxe pour emprunter le pont qui, à Paris, reliait l'île de la Cité à la rue Saint-Jacques.
Il y avait toutefois une exception à cette règle : les forains, bateleurs ou jongleurs qui possédaient un singe pouvaient, en guise de paiement, faire faire son numéro à leur animal.

 

Faux jetons : Hypocrite, menteur

Aujourd'hui, pour faire des calculs, les opérations posées sur une feuille de papier nous semblent d'une totale évidence.
Mais avant que les chiffres arabes et le système décimal ne deviennent d'usage courant, les montants monétaires étaient calculés selon la méthode du "jet", sur des planchettes où étaient tracées des colonnes (correspondantes aux deniers, sols, livres...) dans lesquelles on posait et accumulait des jetons pour faire des totaux.
Ces jetons ayant parfois l'apparence de vraies pièces, certains tentaient de s'en servir comme telles auprès des personnes simples.

 

Monnaie sonnante et trébuchante : signifiait que l'on voulait être payé en monnaie authentique et neuve

Une pièce de monnaie est sonnante lorsqu'elle ne contient pas de vil métal et dont le titre approche le 10 sur 10 en or ou en argent ; de cette manière, elle tinte de manière reconnaissable pour une oreille avertie.

Elle est trébuchante quand elle ne craint pas l'épreuve du trébuchet(une balance d'orfèvre). Les pièces de monnaie s'usaient pendant leur durée de vie et parfois certains peu honnêtes grattaient les pièces pour en récupérer un peu de poudre d'or. Pour que la pièce ait le même poids moyen pendant toute sa durée d'usage on lui donnait une surcharge à sa fabrication (frappe) qu'elle perdait peu à peu. Cette surcharge était mesurable avec un trébuchet.

 

Etre Monnaie courante : Être une chose habituelle, une pratique courante

 Au sens propre, et depuis la fin du XIIIe siècle, elle désigne la monnaie (pièces et billets) qui a cours, celle autorisée et couramment utilisée, et elle sera opposée plus tard à la "monnaie bancaire", comme les chèques, par exemple.

L'expression, avec son sens figuré, apparaît au XVIIIe siècle chez Diderot (voir les exemples). Elle est tout simplement un jeu de mots sur 'courante' avec le sens de 'habituelle' et "monnaie courante" au sens propre.

 

L'argent du beurre : Tout vouloir, sans contrepartie.Vouloir gagner sur tout les plans

L'usage de cette expression est très récent puisqu'il date du début des années 1980.
Le bon sens paysan veut qu'on ne puisse pas, honnêtement, vendre le beurre qu'on vient de fabriquer en garder l'argent, mais garder aussi le beurre, histoire de pouvoir le revendre encore et encore.

Salaire : Sel autrefois renumérés d'où mot salaire

 

Blanchir de l'argent : Donner à de l'argent malhonnêtement acquis une existence légale en dissimulant les preuves de son origine

 Depuis le début du XIIe siècle, « blanchir » signifie « rendre blanc ». Dés le XIVe siècle, on parlait déjà de « blanchir un accusé » lorsqu'on réussissait à éliminer les soupçons qui pesaient sur lui ou, autrement dit, à le « laver » de ces soupçons.
Ce n'est qu'au XXe siècle qu'apparaît notre expression pour désigner l'action qui consiste, via des moyens généralement eux-mêmes malhonnêtes, à « nettoyer » ou « purifier » de l'argent « sale » afin de pouvoir le réinjecter dans l'économie comme s'il s'agissait d'argent honnête.

Avoir des oursins dans les poches : Être avare

Quand on ne veut pas mettre la main à la poche pour en sortir son argent, c’est comme si on avait peur de s’y piquer parce qu’on y conserve un oursin

 

l'argent n'a pas d'odeur : on utilise ce proverbe latin concernant les individus qui veulent gagner de l'argent mais qui ne se soucient guère de leur provenance ou da la façon de le gagner

Ce proverbe serait une réponse de Vespasien à son fils. Ce dernier lui reprochait l'instauration d'une taxe sur les toilettes publiques.

 

Jeter l'argent par les fenêtres : Être extrêmement dépensier

 Au XVIe siècle, on donnait aux mendiants en leur lançant l’argent par la fenêtre. De là a perduré l’expression qui signifie que l’on est très dépensier.

 

donner son billet : affirmer, certifier que ...

 À l'origine, un 'billet' (mot né au milieu du XIVe siècle) est un message écrit bref, au contenu réduit à l'essentiel.
Le "billet de banque", au début du XVIIIe siècle, vient du 'billet' vu comme une promesse écrite, un engagement de payer une somme.

C'est à la fin du XVIIe, un peu avant l'apparition de notre expression, que le 'billet' est aussi une attestation écrite de quelque chose.
On peut donc comprendre je vous en donne mon billet comme "je suis tellement sûr de ce que j'affirme que je suis prêt à vous écrire un billet qui l'attesterait".

rouler sur l'or : Etre riche

Expression qui date du XVIIIe siècle.

Altération de la forme pronominale citée par Furetière "se rouler sur l'or (et sur l'argent)" qui date de la fin du siècle précédent et dans laquelle "se rouler" a bien le sens de "se tourner de côté et d'autre" comme dans "se rouler dans l'herbe".
L'image est plutôt celle de la personne assez riche pour disposer d'un tas d'or suffisamment important pour qu'elle puisse se rouler dessus

 

Valoir son pesant d'or : Avoir beaucoup d'intérêt ou de valeur

Dès le XIIIe siècle, on avait pour habitude de comparer l'importance qu'avait une personne à nos yeux avec la valeur qu'aurait eu son poids en or. Signifie encore aujourd'hui que quelque chose présente un grand intérêt ou est de grande valeur

 

Etre aux pièces : Etre Pressé

Cela vient du XIXe siècle, à une époque où, dans certains métiers, les employés étaient payés non pas à l'heure ou au mois, mais à la pièce produite (pratique qui existe encore de nos jours, même si elle n'est pas très répandue).
Celui qui était aux pièces était celui qui pouvait travailler suffisamment vite pour produire beaucoup de pièces et, ainsi, s'assurer un salaire décent.

Par extension, hors du contexte d'emploi et de salaire, celui qui est aux pièces est celui qui est pressé.

avoir les jetons : Avoir Peur

D'après Esnault, dérive de jeter de la dysenterie (cf. le cheval qui jette ses crottins, le cerf qui jette ses fumées).

Attesté depuis 1916, toujours d'après Esnault.

Appartiendrait donc au registre prolifique peur/chier (d'après l'effet physiologique de la peur), comme : trouille, faire dans son froc

Chèque en bois : Sans provision

il faut remonter au locutions "de bois", qui date du XIIIe siècle, et "en bois", qui date du XIVe, locutions qui servaient à désigner des choses artificielles ou fausses comme "une jambe de bois" ou bien "un sabre de bois" (assez logiquement, puisque ce matériau était abondant, peu coûteux, et permettait aisément de fabriquer des imitations d'autres choses).

Sans Bourse délier : Sans payer

En 1690, lorsque cette expression est apparue, les billets de banque n'existaient pas encore en Europe, contrairement à la Chine. Seule la monnaie métallique était en circulation, et l'objet dans lequel on transportait ses pièces était une bourse fermée par un cordon coulissant et/ou noué.

Donc, pour payer quelque chose, il fallait 'délier' le cordon de sa bourse afin d'en sortir la monnaie nécessaire.

 

Loger le Diable dans sa bourse : Etre sans sou

Il faut probablement la rapprocher de l'ancienne locution de même sens "n'avoir ni croix ni pile" pour comprendre pourquoi, le fait d'avoir une bourse vide permet au Diable de venir s'y loger.
Autrefois, sur les pièces de monnaie, on trouvait une croix sur la face, l'autre côté de la pièce étant la pile . Or, si on a dans sa bourse au moins une pièce avec une croix dessus, cela empêche forcément le diable d'y rentrer! Par contre, si on est sans le sou, si on "n'a ni croix ni pile", le Diablel se fait un malin plaisir de venir y loger.

Cette expression a été popularisée par Jean de la Fontaine dans la fable "Le trésor et les deux hommes"

Date de dernière mise à jour : 17/02/2019

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